Qu’est-ce que la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie?

La tenue dʼune journée thématique annuelle dédiée à la lutte contre lʼhomophobie et la transphobie est une idée québécoise. Elle est née en 2003 au Québec, à l’initiative de la Fondation Émergence. Avec la complicité de partenaires, cette journée s’est introduite en Belgique, en France et dans plusieurs autres pays pour ainsi devenir une journée internationale. La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie est lʼoccasion dʼorganiser des activités de sensibilisation et dʼéducation aux réalités des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transidentitaires. Dans le cadre de ces activités, la Fondation diffuse une campagne de sensibilisation qui aborde une réalité particulière des personnes LGBT. La thématique 2016 aborde les réalités des personnes aînées LGBT.

Les personnes aînées LGBT forment l’une des plus grandes minorités du Québec, soit environ 125 000 personnes de 65 ans et plus d’ici 2018. Pourtant, ces personnes sont pratiquement invisibles aux yeux de notre société. La grande majorité de la population n’a pas conscience que l’homophobie et la transphobie affectent tous les âges, qu’il existe aussi des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans.

Pourquoi le 17 mai?

C’est le 17 mai 1990 que lʼOrganisation mondiale de la santé (OMS) a retiré lʼhomosexualité de la liste des maladies mentales, mettant fin à plus dʼun siècle dʼhomophobie médicale. Il s’agit donc d’une date symbolique dans lʼévolution de la condition des personnes homosexuelles. La Déclaration de Montréal issue de la Conférence internationale sur les droits de la personne des communautés LGBT tenue à Montréal du 26 au 29 juillet 2006 incluait une recommandation pour la reconnaissance dʼune Journée internationale contre lʼhomophobie le 17 mai de chaque année, portée à l’ONU en 2010.

Qu’entend-on par homophobie et transphobie?

L’homophobie comprend « toutes les attitudes négatives pouvant mener au rejet et à la discrimination, directe et indirecte, envers les gais, les lesbiennes, les personnes bisexuelles, transsexuelles et transgenres[1] ou à l’égard de toute personne dont l’apparence ou le comportement ne se conforme pas aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité » (Ministère de la Justice, 2009, p.9).

Quant à la transphobie, elle comprend « toutes les attitudes négatives pouvant mener au rejet et à la discrimination, directe et indirecte envers des personnes transsexuelles, transgenres et travesties, ou à l’égard de toute personne qui transgresse le genre, le sexe ou les normes et représentations relatives au genre et au sexe » (Ministère de la Justice, 2009, p.9). Souvent insidieuses, l’homophobie et la transphobie se manifestent d’une multitude de manières, allant de la moquerie à la violence physique et l’exclusion sociale.

Plusieurs personnes aînées LGBT ont été élevées dans des milieux socioculturels où l’homosexualité et la transidentité étaient condamnées. N’ayant aucun autre modèle, certaines personnes LGBT ont intégré des préjugés et des normes sociales homophobes et transphobes, les conduisant à une dévalorisation et une haine de soi, se culpabilisant d’être ce qu’elles sont. D’autres vont, au contraire, retourner la dévalorisation, voire la haine, sur les homosexuels et les transidentitaires auxquels ils ne souhaitent pas ressembler, puis devenir à leur tour homophobes et des transphobes.